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Retraite des femmes : ce qui change en septembre… et pourquoi le PER reste un enjeu
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Pour les retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2026, de nouvelles règles visent à mieux prendre en compte les conséquences de la parentalité sur les carrières. Une évolution qui devrait bénéficier à de nombreuses femmes, sans pour autant faire disparaître les écarts de pension. Une actualité qui rappelle aussi l’intérêt d’anticiper sa retraite et de se constituer, lorsque cela est possible, une épargne complémentaire. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) fait partie des solutions conçues spécifiquement dans cet objectif.
Les règles changent, mais l’enjeu reste entier
Un enfant ne modifie pas seulement l’organisation de la vie familiale. Il peut aussi avoir des conséquences durables sur une carrière professionnelle.
Interruptions d’activité, congé parental, passage à temps partiel, progression salariale ralentie… Ces situations concernent encore davantage les femmes et peuvent peser, plusieurs décennies plus tard, sur leurs droits à la retraite. C’est précisément ce que cherchent à mieux prendre en compte les nouvelles dispositions applicables aux pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026.
Le sujet est loin d’être anecdotique. Selon les dernières données publiées par la DREES en mai 2026, la pension moyenne de droit direct des femmes est inférieure de 36 % à celle des hommes, avant prise en compte des pensions de réversion. Avec la réversion, cet écart est ramené à 25 %.
Les dispositifs de solidarité du système de retraite permettent donc de réduire une partie des différences. Mais ils ne compensent pas nécessairement tous les effets d’une carrière moins rémunérée ou plus discontinue.
D’où une question qui mérite d’être posée bien avant le départ à la retraite : les revenus que je percevrai demain correspondront-ils à mes besoins ?
Le PER, l’incontournable pour préparer un complément à votre retraite
C’est précisément l’objectif de l’épargne retraite individuelle.
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) permet de se constituer progressivement une épargne destinée, en principe, à être récupérée au moment de la retraite, sous forme de capital et/ou de rente selon les caractéristiques du contrat et l’origine des sommes.
Son intérêt ne se limite pas à la retraite elle-même. Les versements volontaires peuvent, sur option, être déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond de déduction disponible. L’économie d’impôt éventuelle dépend notamment du montant versé, du plafond disponible et de la tranche marginale d’imposition. En contrepartie, les sommes investies sont en principe indisponibles jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la réglementation, notamment pour l’acquisition de la résidence principale ou certains accidents de la vie.
Le PER n’est donc pas une réponse automatique à toutes les situations. Son intérêt doit notamment être apprécié au regard de votre horizon de placement, de votre fiscalité, de votre situation patrimoniale et de votre capacité à immobiliser votre épargne.
Mais pour une personne dont la carrière a connu — ou pourrait connaître — des périodes d’interruption ou de réduction d’activité, anticiper suffisamment tôt la constitution d’une épargne retraite peut permettre d’étaler l’effort dans le temps. Et les nouvelles règles entrées en vigueur en septembre rappellent justement pourquoi cette anticipation peut compter.
Première évolution : le nombre d’années retenues
Le nombre d’années retenues pour calculer le revenu annuel moyen peut désormais être réduit pour certains parents bénéficiant de majorations de durée d’assurance pour enfant.
Jusqu’à présent, pour les régimes concernés, le calcul reposait en principe sur les 25 meilleures années de revenus.
Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, il peut désormais être effectué sur :
- les 24 meilleures années pour les parents concernés bénéficiant d’une majoration pour un enfant ;
- les 23 meilleures années pour ceux concernés bénéficiant d’une majoration pour au moins deux enfants.
L’objectif est de permettre d’écarter du calcul une ou deux années de revenus potentiellement plus faibles.
Prenons un exemple. Une personne dont la carrière a été marquée par une période de temps partiel après la naissance d’un enfant peut avoir enregistré cette année-là un revenu sensiblement inférieur à celui du reste de sa carrière. Si cette année faisait partie des 25 retenues pour calculer son revenu annuel moyen, elle pouvait peser sur la moyenne. La réduction du nombre d’années retenues peut, selon les situations, en limiter l’effet.
Selon le ministère du Travail, plus d’une femme sur deux devrait bénéficier de cette évolution.
Une précision est néanmoins importante : même si la mesure concerne les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026, l’Assurance retraite indique que le nouveau calcul sera intégré dans ses systèmes courant 2027. Les personnes parties entre-temps et concernées doivent bénéficier d’un recalcul automatique, avec régularisation rétroactive.
Carrières longues : les enfants davantage pris en compte
Une autre évolution concerne les personnes ayant commencé à travailler jeunes.
Jusqu’à deux trimestres liés aux enfants, au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation, peuvent désormais être pris en compte pour apprécier les conditions permettant de bénéficier du dispositif de départ anticipé pour carrière longue. La mesure vise notamment à mieux tenir compte de certaines interruptions de carrière liées à la parentalité.
Ces deux évolutions suivent ainsi une même logique : limiter certains effets de la parentalité sur les droits acquis pour la retraite.
Une amélioration qui ne fait pas disparaître les écarts de pension
Ces nouvelles règles corrigent une partie du problème. Elles n’en suppriment pas toutes les causes.
Le montant d’une pension dépend notamment de la carrière et des revenus perçus au cours de celle-ci. Or les différences peuvent se construire progressivement. Une période de temps partiel ne signifie pas uniquement un revenu plus faible pendant quelques mois ou quelques années. Selon les situations, elle peut également avoir des répercussions sur la progression salariale et professionnelle.
C’est pourquoi préparer sa retraite ne consiste pas seulement à connaître son âge de départ. Il s’agit aussi d’anticiper le niveau de revenus dont on pourrait disposer à ce moment-là. Et cette réflexion ne concerne évidemment pas uniquement les femmes. Toute carrière comportant des interruptions, des périodes de revenus plus faibles ou des changements de statut peut conduire à s’interroger sur ses futurs revenus.
Plus on anticipe, plus l’effort d’épargne est progressif
C’est probablement le point essentiel.
Préparer sa retraite à 35, 45 ou 55 ans ne suppose pas le même effort. Plus l’horizon est éloigné, plus il est possible d’envisager une constitution progressive de son épargne. Des versements réguliers sur un PER peuvent, par exemple, permettre de lisser l’effort dans le temps. Les sommes investies peuvent être placées sur différents supports selon le contrat et le mode de gestion retenu. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital et leur valeur peut évoluer à la hausse comme à la baisse.
Avant de déterminer un montant à épargner, une première étape consiste donc à faire le point : consulter son relevé de carrière, réaliser une estimation de sa future pension, déterminer le niveau de revenus que l’on souhaiterait conserver à la retraite et mesurer l’écart éventuel. Ce diagnostic permet ensuite de déterminer si un effort d’épargne complémentaire paraît pertinent et, le cas échéant, à quel niveau.
Retraite des femmes : corriger aujourd’hui, anticiper demain
Les nouvelles règles applicables depuis septembre constituent une évolution importante pour mieux prendre en compte les effets de la parentalité sur certaines pensions. Mais elles mettent également en lumière une réalité plus large :

La retraite se prépare tout au long de la vie professionnelle

Les régimes obligatoires déterminent les droits acquis au fil de la carrière. L’épargne individuelle peut venir les compléter, selon les moyens, les besoins et les objectifs de chacun.
Dans cette logique, le PER constitue l’un des outils disponibles pour se constituer progressivement une épargne spécifiquement destinée à la retraite. Car au-delà des évolutions réglementaires, le premier levier dont disposent les épargnants reste souvent le même : anticiper suffisamment tôt pour pouvoir agir progressivement.
PER – Simulateur de déduction fiscale
Sources :
– DREES, données sur les retraités et les pensions, données 2024 publiées en 2026.
– Ministère du Travail et des Solidarités, Retraites des femmes et parentalité : de nouveaux droits au 1er septembre 2026.
– L’Assurance retraite, Des changements dans le calcul de la retraite des parents, septembre 2026.
– Décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026.
Les informations présentées sont de nature générale et ne constituent pas un conseil personnalisé. Le PER est un produit d’épargne de long terme dont les sommes sont en principe indisponibles jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la réglementation. Les investissements sur des supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital.
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