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Conflit au Moyen-Orient : lecture patrimoniale et impacts sur votre épargne

Deux guerres en une : c’est ainsi que nous lisons la situation au Moyen-Orient. Énergie, inflation, politique monétaire : les effets se propagent. Voici notre décryptage, notre positionnement, et ce que nous en tirons pour votre épargne.

Notre lecture patrimoniale

Deux guerres, pas une seule

Le conflit au Moyen-Orient ne peut être réduit à un événement unique. Ce qui se joue depuis le 28 février 2026, et en réalité depuis 47 ans, est la superposition de deux guerres distinctes, portées par des logiques différentes, dont la convergence momentanée explique l’intensité du choc actuel.

La première est une guerre idéologique. Elle a démarré en 1979 avec la révolution islamique iranienne. C’est la guerre de Benyamin Netanyahou, la guerre de sa vie, celle qu’il mène depuis toujours et qu’il entend mener pour toujours. Pour Israël, l’Iran représente une menace structurelle : un régime qui finance et soutient le Hamas, le Hezbollah, les houthis et diverses milices irakiennes. L’objectif israélien n’est pas d’affaiblir ce dispositif, mais d’y mettre un terme.

La seconde est une guerre de business. Celle de Donald Trump. Et sa logique est radicalement différente : peser sur les prix de l’énergie, renforcer la compétitivité de l’économie américaine, et créer les conditions d’un désengagement rapide.

Si les deux se rejoignent aujourd’hui, c’est une question de momentum. Israël et Washington ont saisi une fenêtre. Mais ne nous y trompons pas : derrière la convergence tactique, les finalités restent différentes.

Le pragmatisme commercial comme ligne directrice

Le contraste est saisissant. Pourquoi l’Iran subit-il les foudres de Washington quand d’autres régimes de la région, aux mœurs politiques tout aussi discutables, bénéficient d’une libéralisation totale des échanges ? Le Qatar, les Émirats arabes unis ou le Koweït tracent la voie d’un pragmatisme assumé. La réponse est simple, et Trump ne s’en cache pas : le commerce américain est son unique boussole. L’objectif n’est pas de changer le monde, c’est de vasculariser l’économie intérieure des États-Unis.

Trump applique à Téhéran ce qu’on pourrait appeler la méthode vénézuélienne : pressurer pour mieux négocier, avec l’œil rivé sur le carnet de commandes. Quand un régime hostile à Washington contrôle une ressource énergétique stratégique, la pression maximale n’a pas pour seul but le changement de régime, elle vise à libéraliser, à ouvrir, à faire rentrer cette ressource dans le circuit mondial. Les sanctions contre le Venezuela ont redessiné les flux pétroliers mondiaux. Trump raisonne de même avec l’Iran, quatrième réserve mondiale de pétrole prouvée.

En somme, l’Iran n’est qu’une variable d’ajustement dans une équation comptable où le profit doit, in fine, l’emporter sur la prophétie.

Conséquences sur les marchés

Trump est le VIX

Il faut appeler les choses par leur nom : Trump ne subit pas la volatilité, il l’incarne. Il est le VIX, cet indice de volatilité implicite du S&P 500, surnommé « l’indice de la peur », qui mesure en temps réel le niveau d’anxiété des marchés financiers américains. En soufflant quotidiennement sur les braises, chaud, très chaud, brûlant, par ses déclarations, ses tweets et ses effets d’annonce, il crée une instabilité artificielle qui lui permet de dicter ses conditions de sortie et de revendiquer la victoire dès que l’opportunité se présente.

Derrière le chaos apparent, la finalité est mathématique :

  • Pétrole bas : viser un baril sous les 60 dollars. Rappelons que le WTI est tombé à 58 dollars en mars 2025, son plus bas niveau depuis cinq ans. C’est là que se situe l’ambition réelle de Trump : non pas stabiliser le pétrole à 80 ou 90 dollars, mais le faire descendre sous ce seuil.
  • Taux bas : soutenir l’immobilier américain et oxygéner les marchés financiers, dans un contexte où les taux hypothécaires pèsent toujours sur le pouvoir d’achat des ménages.
  • Horizon déflationniste : réduire le coût de l’énergie et des changes pour maximiser la compétitivité de l’économie américaine.

L’enjeu électoral rend cette mécanique encore plus lisible. Trump ne peut se permettre une guerre qui s’enliserait jusqu’aux mid-terms de novembre 2026. Un échec électoral ouvrirait la porte à ses adversaires judiciaires. Il joue donc sa survie politique sur sa capacité à désengager l’Amérique rapidement, et victorieusement.

Ce que les marchés nous disent

C’est ici qu’intervient le paradoxe le plus instructif pour les investisseurs. Malgré des semaines de volatilité intense, la variation du Dow Jones depuis le 1er janvier 2026 restait proche de zéro. Le MSCI World accusait sur la même période un recul de l’ordre de 4 à 5 %. Un ajustement réel, mais très loin des séismes historiques que nous avons traversés.

C’est l’image du promeneur et de son chien : le chien court dans tous les sens, s’agite, aboie. C’est la volatilité. Mais le promeneur garde le fil tendu vers un objectif clair : un monde d’accords commerciaux bilatéraux, une économie américaine dopée par une énergie bon marché, et des marchés financiers orientés à la hausse avant novembre.

Deux autres données méritent attention. Depuis le déclenchement du conflit le 28 février 2026, l’or a légèrement reculé, ce qui peut sembler contre-intuitif en période de crise. Ce mouvement s’explique par la force du dollar, valeur refuge par excellence, qui capte les flux défensifs. Dans le même temps, les taux longs américains ont remonté sur cette même période, portés par les anticipations inflationnistes liées à la flambée pétrolière. Ces deux mouvements sont cohérents avec la phase actuelle mais ils portent en eux leur propre correction : si le scénario déflationniste que nous anticipons se confirme, les taux baisseront, et avec eux les coûts de financement. C’est précisément ce que Trump cherche à produire, et ce que les marchés n’ont pas encore pleinement intégré.

Impact sur vos placements

Notre positionnement : le cap déflationniste

Notre conviction n’a pas changé. Le scénario central demeure déflationniste à horizon patrimonial, et les événements récents le confortent davantage qu’ils ne le remettent en cause.

Depuis le déclenchement de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, les marchés ont accusé le coup : un repli hebdomadaire proche de 3 % sur les indices mondiaux, une volatilité en forte hausse, des valorisations qui commencent à intégrer un scénario de crise prolongée. Cette correction, bien réelle, crée mécaniquement des points d’entrée que nous ne souhaitons pas laisser passer. C’est dans cette logique que nous avons relevé notre exposition actions de niveau 2 à niveau 3 en gestion déléguée, et nous n’excluons pas de franchir un niveau supplémentaire dans les prochaines semaines, selon l’évolution de la situation.

La résolution du conflit, quelle qu’en soit sa forme, devrait se traduire par une détente sur les prix de l’énergie, une désinflation bénéfique aux obligations et aux actifs de long terme, et des conditions de marché redevenues favorables aux portefeuilles équilibrés. Une issue négociée ouvrirait en outre la voie à une libéralisation partielle des exportations pétrolières iraniennes, un choc d’offre susceptible de faire refluer durablement les prix du baril, avec des effets en cascade favorables à la croissance mondiale. L’affaiblissement du régime iranien lui-même pourrait accélérer ce scénario.

Dans un environnement où Trump rythme les marchés et où deux guerres superposées génèrent une cacophonie informationnelle permanente, la discipline patrimoniale reste notre meilleure orientation. La volatilité est le prix à payer pour capter la performance. L’histoire nous enseigne que ceux qui restent investis traversent mieux les crises que ceux qui tentent d’en sortir au mauvais moment.

Notre équipe suit en continu l’évolution du conflit au Moyen-Orient pour ajuster vos positions et saisir les opportunités qui émergent.

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